Expositions

[SAM a vu] In_Perceptions au 104

Par Vanina Géré   
Le 02/03

Que les fans de Spiderman et would-be Yamakasi foncent au 104 pendant qu’il en est encore temps : on peut y faire les monte-en-l’air. Car il y a quelque chose d’arachnéen dans les corps rampants qui apparaissent comme un mirage sur le mur du bâtiment d’en face, lorsqu’on arrive au bout de la Halle Aubervilliers.
Leandro-Erlich-Batiment
Leandro Erlich, Bâtiment

C’est que Bâtiment, de Leandro Erlich, originellement créé pour la Nuit Blanche de 2004 et réinstallé dans le cadre de l’exposition In_Perceptions, propose un double trompe-l’œil. L’installation fait voir le reflet, dans un gigantesque miroir incliné à 45 degrés, des visiteurs invités à s’allonger sur la reconstitution grandeur nature d’une façade haussmannienne placée au centre de l’atelier 4. Regarder les visiteurs se prêter au jeu est d’ailleurs tout aussi réjouissant que de s’y adonner soi-même.

Effets de seuils…

En revanche, impossible de couper à la participation avec Changing Rooms, où selon le principe inusable du labyrinthe aux miroirs, l’on s’étonne de se retrouver face à son reflet au détour d’un seuil enjambé – à force, on en finit par prendre les autres visiteurs qui s’avancent vers nous d’une pièce à l’autre, pour soi-même. Stade du miroir ! Ce corps que je vois, ce n’est pas moi… Les œuvres d’Erlich repoussent les frontières de l’impossible, proposant au corps vu sa transformation, imposant au corps ressenti une réévaluation de sa position dans l’espace et par rapport aux autres.

… et infini circonscrit

Tout aussi délicieusement déroutante et ludique est l’installation d’Ann Veronica Janssens, 104.0.2, réalisée à l’occasion de l’exposition. Un peu comme José Saramago dans L’Aveuglement, Janssens propose la perte de la vision par le blanc – puis la couleur, on ne dira pas laquelle, ménageons la surprise. On pénètre en effet dans les ateliers pleins de fumée nimbée de lumière. (Dommage que dans l’une des salles, les panneaux de sécurité affichant la sortie gâchent un peu cette belle expérience d’inconfort et de perte des repères). On se perd, donc on tâtonne et on fait attention à la voix des autres visiteurs : conformément au projet esthétique global de l’artiste, l’œuvre amène à repenser nos modes de perception habituels.

Somme toute

Trois installations à la fois minimales dans leur principe, accessibles dans leur fonctionnement – et éminemment complexes et drolatiques dans la réception. Les enfants adorent.

Il est fortement recommandé d’accéder à l’exposition par l’entrée rue Curial. 

 

Jusqu'au dimanche 4 mars 2012 au 104.

Bâtiment de Leandro Erlich est prolongé jusqu'au 4 août 2012.

En savoir plus sur Leandro Erlich et Ann Veronica Janssens.

 

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