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Soutenir La Quinzaine littéraire

Par Anthony Poiraudeau   
Le 11/05

La rédaction de La Quinzaine littéraire lance un appel à soutiens. La revue bimensuelle fondée en 1966 par Maurice Nadeau, et toujours dirigée par lui, est une exceptionnelle « encyclopédie par le livre » et un très précieux lieu de critique et d’échos littéraires, elle est aujourd’hui très gravement menacée de devoir cesser sa parution.

La rédaction de La Quinzaine littéraire lance un appel un appel à soutiens. La revue bimensuelle fondée en 1966 par Maurice Nadeau, et toujours dirigée par lui, est une exceptionnelle « encyclopédie par le livre », et un très précieux lieu de critique et d’échos littéraires, elle est aujourd’hui très gravement menacée de devoir cesser sa parution.

La Quinzaine littéraire vit actuellement des jours critiques. La revue, qui a été fondée en 1966 par l’écrivain, critique et éditeur Maurice Nadeau, est l’une des plus anciennes revues de critique et de commentaire de l’actualité littéraire et des sciences humaines à être toujours en activité en France, et elle pourrait se voir contrainte de mettre la clé sous la porte d’une semaine à l’autre. Par-delà la tristesse que suscite légitimement toute fin d’une entreprise de soutien et d’accompagnement exigeant de la littérature et des idées, c’est une véritable et exceptionnelle encyclopédie critique et littéraire vivante qui s’éteindrait si le périodique bimensuel qu’est La Quinzaine littéraire cessait d’exister.

Simplement feuilleter un exemplaire de La Quinzaine, simplement survoler les sommaires et couvertures des archives de la revue, comme le permet son site, c’est instantanément prendre conscience de la vastitude et de la densité de la contemporanéité embrassée depuis près de cinquante ans. Lire La Quinzaine littéraire, c'est déjà voir enrichie sa propre contemporanéité, où trouve sa juste place les littératures de langues trop peu défendues, les territoires littéraires que les autres relais médiatiques et les habitudes cantonnent à bien trop de discrétion, et qui n’en sont pas moins des textes à nous adressés.

La Quinzaine nous dit notre contemporanéité possible (pour n’en citer que quelques uns parmi des centaines d’auteurs recensés) avec Ezra Pound, avec Sándor Márai, avec Samuel Beckett, avec Aleksander Wat, avec Walter Benjamin. Et la leur avec les auteurs bien plus récents dont l’œuvre connaît actuellement son développement. Elle nous offre les possibilités de nous saisir de cette contemporanéité étendue et enrichie. C’était d’ailleurs, au fond, le sens de l’hommage rendu par Pierre Michon à La Quinzaine, pour son numéro 1000, début octobre 2009 :

 

« Il fait beau, il est deux heures de l’après-midi. C’est Chez l’ogre, une brasserie près des facs, à Clermont-Ferrand. Ce doit être au début d’octobre 1966, puisqu’André Breton est mort le 28 septembre. La Quinzaine est ouverte devant moi. Je la lis, je l’ai lue. Je ressens soudain quelque chose que je peux formuler ainsi : que j’ai été contemporain d’André Breton. Que je ne le suis plus, que ce soleil d’octobre ne brille plus pour lui.

Quelque chose me fit comprendre, avec gravité, que j’avais été contemporain d’André Breton, quelque chose qu’aucune autre des feuilles littéraires de l’époque ne me disait. Pourquoi La Quinzaine seule, me dis-je aujourd’hui (ayant oublié le contenu exact des articles), me donna-t-elle cette impression de gravité ?

Peut-être parce qu’il n’y avait pas de publicité : la tête de Breton, apparaissant entre une réclame de cosmétique et un placard d’éditeur pour un livre à gros tirage, donne Breton pour une marchandise parmi les autres.

Parce que les articles n’étaient pas des articles de circonstance : pas de nécrologie toute faite, pas de larmes de crocodiles (celles qu’Aragon avait versées dans Les Lettres françaises pour la même occasion, m’avaient vaguement écœuré).

Parce que les autres articles de la même Quinzaine, s’ils traitaient d’auteurs qui certes n’avaient pas la carrure de Breton, ne parlaient que d’auteurs remarquables : il n’y avait là de place pour les romans de rédacteurs en chef. Tout bon écrivain, s’il apparaît parmi les faussaires, est dégradé.

Parce que les signataires de ces articles n’avaient pas de noms tonitruants, dévalués par leur présence sur tous les fronts.

Parce que Maurice Nadeau, qui ouvrait le numéro, avait la note juste. Ni trop, ni trop peu.

La note juste, l’élégance, la gravité : voilà La Quinzaine. »

 

APPEL A SOUTIENS

La Quinzaine littéraire paraît toujours, son numéro 1083 (du 1er au 15 mai 2013) est actuellement en vente, mais jusqu’à quand ? La liquidation judiciaire ou le dépôt de bilan, avec cessation de publication, pourraient intervenir dans les prochaines semaines. La rédaction de la revue lance l’appel suivant pour mobiliser ses lecteurs réguliers, occasionnels et potentiels, et trouver des solutions de survie :

 

Pour continuer sa parution, La Quinzaine littéraire a plus besoin que jamais de votre aide. Diffusez autour de vous ce numéro, faite abonner vos amis, car la situation financière de notre journal est grave.

Une érosion de nos ventes en kiosque nous a déjà amenés à augmenter le prix de vente au numéro qui vient de passer de 3,80 à 4,50 euros. Nous envisageons aussi d’augmenter dans un futur proche le prix des abonnements (papier) pour l’étranger. L’augmentation des tarifs postaux en est la cause. Ces mesures nécessaires ne sont cependant pas suffisantes. Il nous faut redresser la diffusion, gagner de nouveaux lecteurs et pour cela, étoffer les forces vives de notre journal. Pour réaliser ces objectifs, un investissement de 80.000 euros est nécessaire en 2013. Nous ne doutons pas de pouvoir réunir ces fonds si les abonnés et les lecteurs de notre journal veulent se mobiliser autour de ce projet.

Nous avons donc - entre autre - le projet de réunir dans une société des amis et des lecteurs de La Quinzaine littéraire, tous ceux qui refuseront de voir disparaître notre journal, un des rares organes de presse encore indépendants en France. Cette société participative aura pour vocation d’entrer dans le capital de la société éditrice du journal qui, de ce fait, pourra devenir la propriété de ses lecteurs. Parallèlement, sur le même modèle et avec la même vocation, une société des rédacteurs du journal pourra voir le jour pour pérenniser la parution et l’exploitation de ses archives, 55.000 articles déjà parus, qui forment le contour d’une véritable base encyclopédique par le livre, un outil de recherche et de connaissance de référence dans tous les domaines culturels et artistiques.

Faite circuler autour de vous ces informations. Aidez-nous. Nous avons besoin de vous. Des détails sur l’organisation de ce projet feront l’objet de contributions dans le numéro 1084 du 16 mai prochain.

 

On peut aussi lire ici l’appel de Maurice Nadeau, consulter le blog des lecteurs de la revue, visiter le site de la revue et bien sûr, acheter La Quinzaine littéraire !

 

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