Cinéma

[CINEMA] Arbitrage

Par Simon Duflos   
Le 11/12

Richard Gere en requin de la finance au bord du gouffre, cette idée peut faire peur. Susan Sarandon en femme trahie, Laetitia Casta en maîtresse exigeante, là, c’est carrément l’enfer. Et pourtant, non, « Arbitrage » est une très bonne surprise.

On connaissait les magnats de la finance escrocs (Wall Street), en quête d’identité (The Game),  sentimentaux et soucieux du devenir de leur famille (Rencontre avec Joe Black), voici que Nicholas Jarecki, pour son premier film, nous propose un petit mix de tout ça. Plutôt que la soupe infâme escomptée, le résultat s’avère aussi  original que convaincant.

Avec son rythme "à la papa", Arbitrage propose un scénario plutôt simpliste : le président d’un hedge fund tue accidentellement sa jeune maîtresse française sur la route d’un week-end coquin à la plage. Paniqué et prêt de signer la cession de sa boîte, il préfère prendre la fuite et dissimuler la vérité. Parallèlement, on découvre des irrégularités dans les comptes, et la menace de la prison, de la ruine et de la honte se fait de plus en plus oppressante.

Richart Gere, Brit Marling dans Arbitrage © Metropolitan Filmexport

La panique, un sentiment que Richard Gere gère (oui, bon), étonnamment, à merveille. Plus attaché à protéger ses intérêts que ceux des personnes qui l’entourent, son personnage est à la fois un père de famille aimant mais manipulateur, un chef d’entreprise performant mais dissimulateur, et un mécène qui n’hésite pas à utiliser ses protégés selon son bon vouloir. Une ambivalence qui constitue le fil rouge du film, et dont les incohérences vont crescendo, jusqu’à complètement ébranler les certitudes de ce roi du monde reclu dans son palais de Park Avenue.

Si la majorité du casting livre une performance plus que convaincante, Tim Roth pose en revanche un gros problème. Peu  crédible en flic new-yorkais bourru, l’acteur ne semble pas avoir quitté les plateaux de Lie to me et demeure comme bloqué dans la série. Il échoue à transformer le film en un véritable combat, une dimension qui aurait donné une profondeur supplémentaire aux quelques scènes un peu trop longues qui émaillent le film.

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