Cinéma

[CINEMA] Looper

Par Simon Duflos   
Le 31/10

Le combo voyage dans le temps et tueur à gages ayant un peu vécu, il fallait à Rian Johnson une idée brillante pour tenter de renouveler le genre. Bon sang mais c’est bien sûr ! Demander à l’assassin de se liquider lui-même ! Une facilité scénaristique qui donne pourtant un excellent film de science fiction.

Dans un futur proche, la mafia envoie ses tueurs dans le passé pour liquider les gêneurs. Une espèce particulière d’assassins les y attend, les loopers.  Joe (Joseph Gordon-Levitt) est donc l’un d’entre eux. Tout se passe bien pour lui, jusqu’au jour où un de ses collègues foire sérieusement un contrat après s’être rendu compte que la personne qu’il devait assassiner n’était autre que lui-même. Enfin le lui du futur, voyez ? Joe connaîtra la même déconvenue, et devra batailler ferme pour découvrir qui cherche à se débarrasser des loopers.

Sur le papier, le scénario n’a rien de bien innovant. Depuis Terminator en 1984, on se méfie des visiteurs du futur venus dessouder les gens. Ici, les choses sont un peu complexes : Joe l’assassin est présent en deux exemplaires (Bruce Willis, pour le deuxième) à une période donnée de sa vie. Son double plus âgé est revenu faire le ménage dans le passé, pour s’éviter une fin très pénible 30 ans plus tard. En eux-mêmes, ces allers et retours dans le temps sont assez digestes, et la trame n’est pas difficile à suivre. Tout cela avec une certaine dose de bon goût : le futur n’est pas une vision délirante façon Cinquième élément, et même si les motos volent, on se sert toujours des bons vieux colts à papa pour se battre entre hommes.

Pierce Gagnon - Looper - bloody face

Pierce Gagnon dans Looper © SND Films

 

Une fois le film lancé, après trois premiers quarts d’heure un peu longuets, Rian Johnson évite soigneusement certains clichés spatio-temporels, met de côté l’action sanguinolente du début, et donne à son film une dimension plus fantastique, le faisant presque ressembler –mais habilement - à un épisode de la série Heroes. Entrent alors en scène la veuve et le semi-orphelin, qui vont devoir se battre pour leur survie au milieu d’un combat intertemporel entre la mafia et un de ses tueurs. Tueur qui lui-même sera confronté à sa représentation future venue pour sauver le monde par anticipation. 

La dernière partie du film, haletante,  délivre la bonne surprise du casting : un enfant… Cid (Pierce Gagnon) devient une cible à abattre, et sera rétrospectivement l’enjeu principal du film. Un pari réussi pour Rian Johnson puisque c’est la performance de cet enfant qui surprend le plus, dans Looper. La violence qui se déchaine autour de lui va le transfigurer, et le rendre diaboliquement effrayant.

 

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