Cinéma

[CINEMA] Monsieur Flynn

Par Simon Duflos   
Le 04/09

Monsieur Flynn, ce mercredi dans les salles, dresse les portraits croisés d'un père en pleine dérive et de son fils rongé par la culpabilité. Robert De Niro et Paul Dano dans la déception de la rentrée...

Revoir Robert De Niro au volant d’un taxi, c’est peut-être là malheureusement le seul intérêt de Monsieur Flynn. On pouvait attendre beaucoup plus de son face-à-face avec Paul Dano, de ce jeu du chat et de la souris entre un père absent, alcoolique, mythomane, et un fils détruit par la culpabilité. Monsieur Flynn dit s’inspirer de la vie de Nick Flynn, un auteur américain ayant réellement rencontré son père pour la première fois dans le refuge pour SDF où il travaillait. D’accord. Mais comme souvent, cette inspiration, ce gage de réel ne saurait suffire à être celui de la qualité du film. Comme souvent aussi – À la rencontre de Forrester – la création littéraire n’est ici qu’un prétexte pour mettre en scène deux acteurs en manque d’inspiration et de plain-pied dans la caricature.

Paul Dano et Robert De Niro © Universal Pictures International France
 

Quoi de plus donc qu’une énième histoire – abandon, rendez-vous ratés, défaillance paternelle – entre un père et un fils ? Pas grand-chose.  Le père Flynn a quitté la mère Flynn (Julianne Moore) avant que bébé Flynn ne vienne au monde. Après avoir lu l’une des premières nouvelles de Jonathan – le père donc - la mère – puisqu’elle n’a pas de prénom - se suicide. Elle laisse au passage le jeune Flynn dans un état pas bien loin du nervous breakdown.
 
Pour se refaire une santé, il part à la ville s’occuper un temps de SDF, apprenant ainsi que… on ne sait pas trop quoi, au final, tant il est préoccupé par la survie de son père qui vient subitement de refaire surface. Lequel ne manque pas de lui reprocher de n’être pas son portrait craché, c’est-à-dire alcoolique, narcissique, mythomane donc, et dangereusement porté sur l’autodestruction. Pour couronner le tout, le paternel est convaincu d’être le nouveau grand auteur américain, doué d’un génial talent pour l’écriture, proche, tout proche d’être reconnu par ses pairs et par le public.

 
Paul Dano et Olivia Thirlby © Universal Pictures International France
 
Que retenir donc de ce Monsieur Flynn ? Qu’on ne choisit pas sa famille – super – et encore moins un père indigent, raciste et homophobe. Et que malgré cela, on peut ne pas souhaiter sa mort, voire en l’occurrence l’inverse. Bien. Sinon la culpabilité c’est mal. Pire, ça ne sert à rien. Bref, dans la vie, si tu veux avancer, il faut faire face, et il vaut mieux réaliser ses rêves plutôt que de les laisser nous submerger. Bonjour la nausée. Reste quelques bonnes surprises, tout de même, l’absence de débauche sentimentale à l’eau de rose – si si -  ou la performance d’Olivia Thirlby, qui met un peu de profondeur au milieu des mimiques de De Niro et de l’air niais de Paul Dano.
 

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