Ressources humaines

Que faire en cas d'OVNI ?

Par Anthony Poiraudeau   
Le 16/03

Parce qu’à travers chaque être humain, un espace unique et intime s’ouvre sur le monde, « Ressources humaines » explore ses territoires et ses richesses. Aujourd’hui la collecte de témoignages d’apparitions d’OVNI.
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François Truffaut dans "Rencontre du troisième type" de Steven Spielberg.

Les équipes spécialisées

Les services d’Etat collectent et analysent des informations sur les Objets Volants Non Identifiés. L’existence de telles structures de recherche est même tout à fait officielle. Les œuvres de science-fiction, qui sont le principal vecteur des questions extraterrestres dans l’imaginaire collectif, font souvent mention de départements de l’armée américaine ou du FBI, spécialisés dans ces études, et c’est certainement grâce à ces œuvres que l’existence (de fait, réelle) de telles structures est un peu connue. Aux Etats-Unis, il s’agit de départements existant depuis 1947 au sein de l’Armée de l’air. La France dispose également d’une cellule de ce type depuis 1977. Cette structure, d’abord nommée le GEPAN (Groupe d'Etude des Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés), est rattachée au CNES (Centre National d’Etudes Spatiales – notre NASA, plus ou moins).

Les gouvernements prennent donc assez au sérieux les questions extraterrestres pour y consacrer un budget spécifique, mais ne semblent pas non plus très préoccupés par celles-ci - pas au point de lâcher beaucoup d’argent dans l’affaire. Même si d’éminents chercheurs et ingénieurs ont été affectés à ces travaux (tel Jean-Pierre Petit, en France), les choses paraissent n’avoir en l’espèce jamais dépassé l’échelle de l’artisanat.

La conduite à tenir

Pour optimiser l’efficacité de la collecte d’informations, le pays de Colbert et de Descartes mobilise les services de l’Etat déjà présents sur le territoire, et élabore une procédure précise et méthodique. Le commandant Petigas, de la gendarmerie de Versailles, nous en fait la démonstration : les forces de l’ordre qui maillent le territoire sont là pour recueillir les témoignages d’apparitions, qu’elles transmettront à l’autorité ad hoc - « un groupe d’étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés » (il s’agit bien du GEPAN). Les services de gendarmerie transmettront d’autant mieux ces témoignages que leur collecte aura suivi une procédure rigoureuse, ainsi, il convient de « fixer un peu la conduite à tenir. » Homme de parole, le commandant Petigas exécute sans délai son annonce en nous détaillant point par point un document intitulé « Conduite à tenir ».

Le témoin

Le montage alterné du film, admirablement illustratif, permettra de constater le merveilleux accord de la théorie et de la pratique. En effet, en regard des instructions livrées par le commandant Petigas, nous est offert le récit d’un témoin de phénomène aérospatial non identifié. Le témoin, un homme âgé, moustachu et coiffé d’une casquette, est lui-même empreint d’un remarquable souci de conformité à la procédure de collecte. Il commence par une contextualisation précise de son observation :

« C’était le 5 février 1967, à dix heures moins le quart du soir, je ferme la clé, […] tout d’un coup qu’est-ce que je vois ? Un appareil qui se… Un objet ! Qui passe par-dessus le cimetière, on voyait les tombes aussi bien éclairées qu’en plein jour. »

Il adopte d’emblée la prudence qui sied à la scientificité : le terme « appareil » induisant un caractère manufacturé et la présence d’un utilisateur, il lui préfère aussitôt le mot « objet », plus neutre, et conforme à l’appellation a minima d’Objet Volant Non Identifié.

La patronne

Puis, comme la méthode l’exige, il « attire si possible l’attention d’autres témoins » :

« J’appelle la patronne, je lui dis "Viens vite !". Je dis "Viens vite voir, viens vite voir, viens vite voir l’appareil ! Regarde donc l’engin, regarde donc l’engin !" »

Ici la dimension de reconstitution est poussée à un degré supérieur, le témoin pressant le pas dans l’escalier pour reproduire fidèlement son attitude lors de l’événement. L’autre témoin - la « patronne », c’est-à-dire l’épouse de l’homme - confirme aussitôt l’observation : elle a vu, a pris peur, et s’est sauvée dans la cuisine.

Le visiteur du soir

Selon les recommandations du commandant Petigas (c’est le point 2 de la conduite à tenir), le témoin décrit ensuite « la forme, les dimensions apparentes et la couleur du phénomène ». Les points suivants de la procédure classique sont ensuite passés par l’officier de gendarmerie, le témoin s’en étant déjà scrupuleusement acquitté en introduction.

L’homme complète alors son témoignage, et là, c’est le clou :

« Tout d’un coup, il s’est posé par terre. Qu’est-ce que je vois ? Un petit bonhomme qui sortait des flammes orange. Et puis il s’est retourné, il s’est retourné vers moi, j’aimerais mieux vous dire franchement, comme un… comme un petit cosmonaute, quoi, mais tout petit ! S’il avait un mètre de hauteur, c’est tout ce qu’il peut avoir. »

Le témoin a donc fait l’expérience des premières étapes du déroulement canonique d’un enlèvement par des créatures extraterrestres, lequel se déroule comme ceci dans le plus grand nombre de récits, comme on peut le lire dans l’excellent ouvrage Science-fiction et soucoupes volantes, de Bertrand Méheust :

« 1) Un objet en forme de sphère, ou de cigare, descend du ciel et s’approche d’une personne.
2) L’objet en question produit une lumière puissante.
3) Il se pose à proximité du témoin.
4) De petits humanoïdes à grosses têtes approchent en flottant de la personne paralysée et l’enlèvent par des moyens qui tiennent de la magie.
5) Le cobaye communique par télépathie avec les ravisseurs.
6) Ces derniers lui font subir une opération chirurgicale consistant à implanter de petits objets dans son corps. »

Notre homme l’a donc échappé belle ! La rencontre qu’il a faite s’est arrêtée au beau milieu du quatrième stade, juste avant le moment où les choses auraient pu devenir sérieusement déplaisantes.

Ne pas avoir peur du ridicule

L’affaire se conclut par une dernière adresse à la caméra du commandant Petigas, sur fond noir et dans un lent zoom d’intensification :

« Je vous demanderai de ne pas avoir peur du ridicule, et vous confirme que les renseignements donnés seront obligatoirement exploités par les équipes spécialisées. »

La question est sérieuse. Il semble assez évident que le montage du film est un montage alterné de deux documents préalables, qui existaient indépendamment l’un de l’autre. À ce sujet, le site de l’INA ne nous dit pas grand-chose, on saura juste que la vidéo est extraite de La Série de l’étrange, réalisée en 2010 par Julien Diaz. On n’en apprendra pas davantage sur la source des documents originaux.

 

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