Videoscope Politique

Dans les pas de Giscard

Par Pierre Michel   
Le 16/02

Ou comment partir du mauvais pied.

Pas très bon signe. En reprenant le slogan de Giscard de 1981, « La France forte » (formule du reste protégée si l'on en croit Rue 89), Nicolas Sarkozy ne place pas sa campagne sous le signe de la gagne. Alors que VGE placardait sur ses affiches « Il faut un Président pour la France », ce dont tout le monde se doutait, Nicolas Sarkozy adopte depuis quelques mois la position d’un président irremplaçable, seul garant de stabilité, malgré un bilan plus que bancal et un quinquénat sans grande cohérence.

Giscard est parti en campagne plombé par l’affaire des diamants de Bokassa. On dit même que lors du débat qui l’opposa à François Mitterrand, son adversaire avait posé un pochette intitulée « DIAMANTS » à côté de lui pour le déstabiliser. Le principe était simple : jeter un coup d’œil à la pochette dès que Giscard prenait l’avantage dans le débat. Une manière de lui dire « J’ai du lourd sur toi ». 

En admettant que le second tour de la présidentielle oppose François Hollande à Nicolas Sarkozy, le candidat du PS ne pourra se satisfaire d’une seule pochette mais devra prévoir un carton tant les dossiers et casseroles du président-candidat sont légion. Le yacht, l’affaire Bettencourt, l’Epad, le bouclier fiscal et on en passe. L’avantage : une affaire a effacé l’autre. Etrange donc de voir un Président aussi fragilisé vouloir incarner une France forte. Celui qui prônait la rupture en 2007 reprend en filigrane le même principe pour sa campagne de 2012. S’il était question de rompre avec Chirac, dont il avait été ministre et directeur de campagne, il s’agit maintenant de rompre avec lui-même en prônant des mesures contre une dégradation de la France qui lui est pourtant imputée.

On disait de Chirac qu’il était fort pour conquérir le pouvoir, mais peu pour l’exercer et donc le conserver. Peut-être est-ce là la même problématique pour Nicolas Sarkozy, qui se révélera sans doute de nouveau excellent candidat en campagne – une bête politique aime-t-on dire –, mais qui peinera clairement à faire oublier le président.

Un même épilogue que celui de Giscard serait donc à prévoir : un plan fixe, un « Au revoir », une chaise vide et la Marseillaise qui retentit.

 

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