Pressing

Pressing #9 : Confessions intimes

Par Marion Haudebourg   
Le 17/03

Retour sur l'événement de la semaine et son traitement dans la presse. Pressing de la semaine du 12 au 16 mars.

Le poids des mots, le choc des photos. La maxime est connue. On ne sait pas si, encore aujourd'hui, le poids des mots vaut le choc des photos, mais il faut reconnaître que c'est plutôt le deuxième qui fait couler de l'encre sur Paris-Match. L'hebdo de Filipacchi a (au moins) deux spécialités : les révélations de secrets et les reportages complaisants dans l'intime de personnalités. A tel point qu'une couv' de Paris-Match semble être le passage obligé de toute candidature et de toute velléité politique.

Le couple. Apparemment, impossible de se présenter devant les Français sans « fendre l'armure », comme on dit depuis Jospin, même si la pratique est plus ancienne. Et on remarque que c'est toujours avant une échéance que le « couple » institutionnalisé se met en avant dans Paris-MatchMartine Aubry juste après sa déclaration à la primaire socialiste, Balladur en 1995 - même Chirac y passe en 2002, comme si on ne connaissait toujours pas Bernie. Ce même couple, qui est toujours présent après l'élection : Chirac et Sarkozy posent en couple ou en famille à l'Elysée.

L'intime comme seul point de salut, ça finit forcément en photos volées. Le premier grand coup d'éclat politique était sans doute la révélation de l'existence de Mazarine. Ensuite, il y a eu la liaison de Cécilia Sarkozy avec Richard Attias, qui a conduit au licenciement d'Alain Genestar. Cette semaine, Paris-Match dévoile les photos de la fille de Nicolas et Carla Sarkozy, alors qu'on avait déjà suivi de près (mais de loin pour le photographe planqué) la grossesse.

Comme la semaine dernière avec Valérie Trierweiler, Paris-Match trouve le secret de la force des hommes politiques chez leurs femmes. Sans leur accord. Si les photos n'étaient pas volées, Valérie Trierweiler, pourtant journaliste à Paris-Match, n'avait été prévenue ni du poids des mots, ni du choc des photos, et s'en est émue sur Twitter. De son côté, la Première dame a adressé un mot aux médias pour  « déplore[r] toute utilisation faite de l’image de [ses] enfants ». Après l'épisode de Petra, on comprend.

Mais à travers cette exposition de l'intime, ce qui frappe aussi, c'est le rôle des femmes en politique. Valérie Trierweiler et Carla Bruni ont cette particularité parmi les Premières dames et Premières dames pressenties de la Ve République d'avoir existé par elles-mêmes avant d'accompagner un homme politique. Mais dès qu'il s'agit de les présenter comme faire-valoir, elles perdent jusqu'à leur nom. Ce ne sont que « Valérie » et « Carla » qui sont en Une de Paris-Match. Souvent, dans les médias, les femmes n'ont qu'un prénom.

 

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